fév 23 2010

Le GAGA…

Vous connaissez le GAGA, le Groupe des Alpinistes et Grimpeurs Anonymes ?

Il permet aux grimpeurs et alpinistes de partager leurs expériences, leurs voyages de montagne et d’escalade par le biais de conférences-photos-vidéos.

Mardi 2 mars à 19 heures,  je présente des photographies de paysages et visages de montagne. Patagonie, Népal, Tibet, Bolivie, Pakistan, Chine, Baffin… Ces photos, je les appelle des instants de bonheur, des clins d’œil.

Où?
Boul Noir
dans le lounge à l’arrière
551, Mont-Royal Est, Montréal
Métro Mont-Royal

Et c’est gratuit…

Christian Lévesque, rédacteur en chef de la revue Espaces en parle dans son blog Carnets d’aventures.


fév 15 2010

Une image vaut mille mots

Trois images (donc 3000 mots) du glacier Furtwängler situé dans le cratère à 200 mètres sous le sommet du Kilimanjaro. La première datant de 1999, une deuxième de Google Earth 2003 et une dernière photo que j’ai prise l’année dernière en 2009.

Le glacier Furtwängler a perdu 50 % de sa profondeur entre 2000 et 2009. Il est actuellement en deux morceaux.

1999

2003

2009

La fonte des glaciers est devenue une représentation emblématique du réchauffement climatique. Mais est-on sûrs que seuls les changements climatiques actuels soient liés à la fonte des glaces d’Afrique ? Les géophysiciens Philip Mote et Georg Kaser ne sont pas de cet avis.

Le réchauffement climatique semble être le principal coupable du recul de la plupart des glaciers depuis 150 ans. Cependant, les glaciers tropicaux ont une dynamique particulière. Au sommet des montagnes d’Afrique tropicale, la température atmosphérique mesurée au niveau des glaces dépasse rarement les –3°C. L’air ambiant ne peut donc pas réchauffer la glace.

Normalement, la neige s’accumule au fil des années en couches de glaces. Or les mesures de dépôt annuel de neige effectuées depuis 2000 informent que les chutes de neige ont été moins abondantes. Le bilan est donc défavorable et le glacier perd progressivement en masse. Une sublimation accrue, favorisée par le rayonnement solaire net, serait donc certainement impliquée dans la perte de masse des glaciers tropicaux.

L’énergie entraînant la fonte de la glace proviendrait donc directement du rayonnement solaire. Cette conclusion tranche nettement avec les diverses observations réalisées sur d’autres glaciers alpins ou himalayens, où le réchauffement climatique est un des facteurs-clés du recul des glaces.

Réchauffement climatique ou rayonnement solaire – peu importe – le glacier Furtwängler fond à vue d’œil. J’y retourne en juillet 2010 et ferai d’autres photos.


jan 6 2010

Il y a 10 ans déjà

L’Everest (8850 m) à gauche et le sommet du Nuptse (7861 m) à droite.

Le 1er janvier de l’an 2000 au lever du soleil, nous étions au Népal sur le sommet du Kala Pattar (5540 m), un promontoire face au mont Everest. Certains  avaient prédit des centaines de personnes à cet endroit le 1er janvier 2000! Les médias parlaient du fameux bug  de l’an 2000 qui provoquerait  la paralysie de tous les systèmes informatiques de la planète. Le bug de l’an 2000 n’a jamais eu lieu et je me trouvais devant l’Everest avec les 7 trekkeurs de L’échappée belle, 6 australiens et 4 népalais…Parti du lodge de Gorak Shep dans la nuit froid noire et froide vers 4 heures 30,  il fait moins 20c et un petit vent glacial.. Nous grimpons parmi les pentes raides et les blocs de pierre jusqu’au sommet du Kala Pattar, l’un des plus beaux panoramas de l’Himalaya.

Arrivé trop tôt, nous attendons en buvant du thé brûlant le lever du soleil. À 8 heures 1 minute le premier rayon du lever de soleil de l’an 2000 apparaît à droite de la pyramide noire du sommet de l’Everest et de la pointe du Nuptse. Le halo lumineux grossit très vite.  Il nous éblouit et le soleil nous réchauffe peu à peu.

La terre a continué à tourner, les ordinateurs de fonctionner et nous sommes tous descendus prendre un gros déjeuner avec de la confiture.

Seul sur un sommet, eh oui c’est encore possible. Lors de notre dernier Kilimanjaro début décembre, nous étions les seuls au campement dans le cratère à 5700 m. Les seuls aussi la veille, lors de notre arrivée au sommet.

Il y a presque 7 milliards d’habitants sur la terre !


déc 21 2009

Neiges éternelles ?

Nikon et 16mm au bout des doigts, je suis avec mon copain d’escalade Bernard sur le coté nord du cratère. Nous en faisons le tour, zigzagant au gré des photos. Des odeurs de souffre se dégage du sol. Toute l’Afrique est en-dessous de nous et nous ne voyons personne. Cela me dérange de laisser l’empreinte de mes pas.

Ciel bleu, glace et cailloux. Les cailloux sont là depuis des centaines de milliers d’années, tandis que la glace du Kilimanjaro aura disparu dans 25 ans. Ce paysage semble pourtant éternel…

Le sommet du Kilimanjaro présente une caldeira sommitale de forme circulaire. Cette caldeira d’un diamètre d’environ 2 200 m, présente en son centre un petit cratère de 880 m de large. Il contient les principales fumerolles. Dans  ce cratère s’ouvre un trou de 340 m de large et profond de 130 m, le Ash pit.

Je me trouve parmi un paysage où les effets du changement climatique se font  rapidement sentir. Un paysage que l’on ne reverra plus. Un peu comme les arbres géants qui poussaient sur l’ile Ellesmere il y a 50 millions d’années. Qui a qualifié les neiges du Kilimanjaro d’éternelles ?

Ah oui, instants de bonheur, non, instant de réflexion ?


déc 20 2009

La gang du Kilimanjaro

Départ du camp Karanga

5 décembre 2009, 13 heures 50, Etienne ouvre délicatement une petite boite ovale de couleur brune. Son amoureuse est devant lui. La boite contient une bague. Nous sommes à Stella Point à 5800m d’altitude au bord du cratère du Kilimanjaro en Tanzanie. Larmes, embrassades, félicitations, les voici fiancés… Hakouna matata.

Une demi-heure plus tard, une marathonienne, deux chasseurs d’orignal, un pilote de Hercule C-130, un agent d’immeuble double, une parisienne, un ingénieur en sabbatique, un chercheur d’or, un surfeur toujours en vacances au Mexique, une marcheuse Saint-Jean de Compostelle, les deux fiancés et moi-même parvenons au sommet de l’Afrique à 5895m.

C’est ma 16e arrivée au sommet du Kili. Les glaciers ont-ils encore fondus ? Lors de ma première ascension le sommet était couvert de pénitents, maintenant ils ont disparus. Le toit de l’Afrique a perdu 90% de ses glaces en 120 ans : 20 km2 en 1880; 12,1 km2 en 1912; 6,7 km2 en 1953; 2,5 km2 en 2003. La calotte glaciaire a perdu en moyenne 17 mètres d’épaisseur entre 1962 et 2000. Sous l’effet de la radiation, les glaciers ne fondent pas, mais se subliment : la glace se transforme en vapeur d’eau sans passer par la phase liquide.

Glaciers au nord-est du sommet du Kili

Le G 13 au sommet !

Je ne mettrai pas ça sur le réchauffement de la planète mais la température est super depuis le départ à l’exception de la pluie diluvienne du premier jour. La nuit à 5700 m dans le cratère au pied du glacier Furtwängler n’a pas été froide. Gilles y fête son anniversaire au petit déjeuner. Sur la tête un chapeau en forme de gâteau avec bougies (en vente chez IKEA !) et une trompette de papier en bouche.

Nous nous sommes même payé le tour du cratère Reush à 5830 m où une variété d’Helicrysum pousse sur ses flancs, réchauffée par la chaleur d’une fumerolle. La vue sur les glaciers reste surprenante. Fragiles, les tours de glace semblent surgir des nuages qui sont mille mètres plus bas. Je veux que le temps s’arrète, que plus rien ne fonde. La couleur de la glace est d’un bleu triste.

Quatre soirs sur huit nous nous sommes retrouvés seuls au campement. Pas d’autres groupes. Le Kili surpeuplé ? Pas sur notre itinéraire qui contourne sur 180o la face sud du Kilimanjaro au début décembre.

Je revois vos sourires, vos folies, vos yeux… Les party de cartes, les doubles Bailey’s, les histoires de chasse, le pianiste mécanique du Kibo Palace Hotel et les Zanzibar drink.

Mambo poa !

Devant le cratère Reush et le Ash pit, 5850m

Heureuse ! Hakouna matata


déc 10 2009

École de Shimshal

École Shimshal

Il fait -7°C à Shimshal, petit village du nord est pakistanais situé à trois jours de marche de la Karakoram highway.

Les 5 élèves de dernière année primaire suivent les cours à l’extérieur même en janvier! Leur professeur, Daulat Amin, nous a invités chez lui manger du gras tiède de yack et des chapatis. Les chapatis ça va, mais le gras tiède…

Je dormais dans une pièce de la toute petite maison en torchis. Mes hôtes y avait fait un feu de bois et bouché la cheminée pour garder la chaleur à l’intérieur. Instants de bonheur enfumés.

Nous étions les deuxièmes étrangers à visiter ce village l’hiver! Cela a bien changé, maintenant une route étroite relie les shimshalis au reste du monde.


nov 27 2009

Kilimanjaro

Kilimanjaro

Pour la 3e fois cette année me voici en Tanzanie pour un autre Kilimanjaro et quelques jours de safari.
J’ai un super groupe : deux marathoniennes, deux chasseurs d’orignal, un chercheur d’or, un agent double immobilier, un climbing bum ingénieux, un qui est toujours en vacances au Mexique, un pilote d’avion de chasse, une personne qui peut vous transplanter un iPod dans l’oreille, une marcheuse Saint-Jean de Compostelle et une parisienne ! Varié n’est-ce pas?

Un téléphone satellitaire, 2 bouteilles de champagne, un Nikon, un Camel bag, les cuisiniers, c’est tout je n’oublie rien… ah oui le sac de couchage.

Je donne des nouvelles au retour. Va falloir que je l’alimente le nouveau blog…
Akouna matata.