Jan 24 2011

Foule au Kilimanjaro ?

Qui dit qu’il y a foule au Kilimanjaro? Oui sur certains parcours. L’échappée belle, aventures et alpinisme peut vous emmener là où vous serez seul avec les glaciers.

Le glacier Furtwängler

Vous vous souvenez du glacier Furtwängler situé dans le cratère à 200 mètres sous le sommet du Kilimanjaro (voir les photos de l’article du 15 février 2010), comme en témoigne la photo que je viens de prendre le 11 janvier, il fond inexorablement…

Au pied du Kili, les zèbres ne se soucient guère de ce qu’il se passe là-haut.


Fév 15 2010

No comments…

Trois images (donc 3000 mots) du glacier Furtwängler situé dans le cratère à 200 mètres sous le sommet du Kilimanjaro. La première datant de 1999, une deuxième de Google Earth 2003 et une dernière photo que j’ai prise l’année dernière en 2009.

Le glacier Furtwängler a perdu 50 % de sa profondeur entre 2000 et 2009. Il est actuellement en deux morceaux.

1999

2003

2009

La fonte des glaciers est devenue une représentation emblématique du réchauffement climatique. Mais est-on sûrs que seuls les changements climatiques actuels soient liés à la fonte des glaces d’Afrique ? Les géophysiciens Philip Mote et Georg Kaser ne sont pas de cet avis.

Le réchauffement climatique semble être le principal coupable du recul de la plupart des glaciers depuis 150 ans. Cependant, les glaciers tropicaux ont une dynamique particulière. Au sommet des montagnes d’Afrique tropicale, la température atmosphérique mesurée au niveau des glaces dépasse rarement les –3°C. L’air ambiant ne peut donc pas réchauffer la glace.

Normalement, la neige s’accumule au fil des années en couches de glaces. Or les mesures de dépôt annuel de neige effectuées depuis 2000 informent que les chutes de neige ont été moins abondantes. Le bilan est donc défavorable et le glacier perd progressivement en masse. Une sublimation accrue, favorisée par le rayonnement solaire net, serait donc certainement impliquée dans la perte de masse des glaciers tropicaux.

L’énergie entraînant la fonte de la glace proviendrait donc directement du rayonnement solaire. Cette conclusion tranche nettement avec les diverses observations réalisées sur d’autres glaciers alpins ou himalayens, où le réchauffement climatique est un des facteurs-clés du recul des glaces.

Réchauffement climatique ou rayonnement solaire – peu importe – le glacier Furtwängler fond à vue d’œil. J’y retourne en juillet 2010 et ferai d’autres photos.


Déc 20 2009

La gang du Kilimanjaro

5 décembre 2009, 13 heures 50, Etienne ouvre délicatement une petite boite ovale de couleur brune. Son amoureuse est devant lui. La boite contient une bague. Nous sommes à Stella Point à 5800m d’altitude au bord du cratère du Kilimanjaro en Tanzanie. Larmes, embrassades, félicitations, les voici fiancés… Hakouna matata.

Une demi-heure plus tard, une marathonienne, deux chasseurs d’orignal, un pilote de Hercule C-130, un agent d’immeuble double, une parisienne, un ingénieur en sabbatique, un chercheur d’or, un surfeur toujours en vacances au Mexique, une marcheuse Saint-Jean de Compostelle, les deux fiancés et moi-même parvenons au sommet de l’Afrique à 5895m.

C’est ma 16e arrivée au sommet du Kili. Les glaciers ont-ils encore fondus ? Lors de ma première ascension le sommet était couvert de pénitents, maintenant ils ont disparus. Le toit de l’Afrique a perdu 90% de ses glaces en 120 ans : 20 km2 en 1880; 12,1 km2 en 1912; 6,7 km2 en 1953; 2,5 km2 en 2003. La calotte glaciaire a perdu en moyenne 17 mètres d’épaisseur entre 1962 et 2000. Sous l’effet de la radiation, les glaciers ne fondent pas, mais se subliment : la glace se transforme en vapeur d’eau sans passer par la phase liquide.

Glaciers au nord-est du sommet du Kilimanjaro

le sommet du Kilimanjaro, 5895 m

Je ne mettrai pas ça sur le réchauffement de la planète mais la température est super depuis le départ à l’exception de la pluie diluvienne du premier jour. La nuit à 5700 m dans le cratère au pied du glacier Furtwängler n’a pas été froide. Gilles y fête son anniversaire au petit déjeuner. Sur la tête un chapeau en forme de gâteau avec bougies (en vente chez IKEA !) et une trompette de papier en bouche.

Nous nous sommes même payé le tour du cratère Reush à 5830 m où une variété d’Helicrysum pousse sur ses flancs, réchauffée par la chaleur d’une fumerolle. La vue sur les glaciers reste surprenante. Fragiles, les tours de glace semblent surgir des nuages qui sont mille mètres plus bas. Je veux que le temps s’arrète, que plus rien ne fonde. La couleur de la glace est d’un bleu triste.

Quatre soirs sur huit nous nous sommes retrouvés seuls au campement. Pas d’autres groupes. Le Kili surpeuplé ? Pas sur notre itinéraire qui contourne sur 180o la face sud du Kilimanjaro au début décembre.

Je revois vos sourires, vos folies, vos yeux… Les party de cartes, les doubles Bailey’s, les histoires de chasse, le pianiste mécanique du Kibo Palace Hotel et les Zanzibar drink.

Mambo poa !

tous devant le cratère

le sourire de la victoire (sur soi-même)