Fév 15 2010

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Trois images (donc 3000 mots) du glacier Furtwängler situé dans le cratère à 200 mètres sous le sommet du Kilimanjaro. La première datant de 1999, une deuxième de Google Earth 2003 et une dernière photo que j’ai prise l’année dernière en 2009.

Le glacier Furtwängler a perdu 50 % de sa profondeur entre 2000 et 2009. Il est actuellement en deux morceaux.

1999

2003

2009

La fonte des glaciers est devenue une représentation emblématique du réchauffement climatique. Mais est-on sûrs que seuls les changements climatiques actuels soient liés à la fonte des glaces d’Afrique ? Les géophysiciens Philip Mote et Georg Kaser ne sont pas de cet avis.

Le réchauffement climatique semble être le principal coupable du recul de la plupart des glaciers depuis 150 ans. Cependant, les glaciers tropicaux ont une dynamique particulière. Au sommet des montagnes d’Afrique tropicale, la température atmosphérique mesurée au niveau des glaces dépasse rarement les –3°C. L’air ambiant ne peut donc pas réchauffer la glace.

Normalement, la neige s’accumule au fil des années en couches de glaces. Or les mesures de dépôt annuel de neige effectuées depuis 2000 informent que les chutes de neige ont été moins abondantes. Le bilan est donc défavorable et le glacier perd progressivement en masse. Une sublimation accrue, favorisée par le rayonnement solaire net, serait donc certainement impliquée dans la perte de masse des glaciers tropicaux.

L’énergie entraînant la fonte de la glace proviendrait donc directement du rayonnement solaire. Cette conclusion tranche nettement avec les diverses observations réalisées sur d’autres glaciers alpins ou himalayens, où le réchauffement climatique est un des facteurs-clés du recul des glaces.

Réchauffement climatique ou rayonnement solaire – peu importe – le glacier Furtwängler fond à vue d’œil. J’y retourne en juillet 2010 et ferai d’autres photos.