L’échappée belle, voyages d’aventure et alpinisme

Aconcagua, 6962 m, Argentine
Le plus haut sommet des Amériques

Le 2 janvier huit alpinistes du Québec accompagnés des guides de montagne Jean-Pierre Danvoye et Nicolae Balan partent escalader l’Aconcagua.

Très beau challenge pour les randonneurs expérimentés et endurants, tentés par l’expérience de la haute altitude, cette ascension est une vraie expédition avec toutes les difficultés et les joies que cela comporte. Un tremplin pour les sommets himalayens !


Nous avons atteint le sommet de l’Aconcagua le 16 janvier à 15h05

17 janvier, Camp de base

Nous sommes de retour au camp de base, c’est le confort, chaises, hamburger, bière, douche et même une bouteille de champagne.

Hier matin, à Nido de Condores, lever à 3h. Après un petit déjeuner très rapide, nous partons vers le sommet. C’est encore la pleine lune, le ciel est étoilé et il n’y a pas de vent. Un temps merveilleux. Vers 8h, les premiers rayons du soleil nous éclairent et nous réchauffent. L’ombre de la montagne est projetée sur l’horizon. Nous progressons lentement, mais sans arrêts. Vers 11h, nous entamons la traversée précédant le fameux Canaleta, une montée abrupte de 400 m. Il n’y a toujours pas de vent ni de nuages, mais en quelques minutes, le ciel se couvre. Après la remontée du Canaleta, une traversée ascendante mène au sommet. Moitié neige, moitié cailloux. Il reste quelques pas, quelques efforts. Voici, la croix est là, c’est le sommet. Accolades, félicitations, photos de famille, beaucoup d’émotion. Les nuages cachent la vue magnifique sur la face sud. Jean-Guy, Pierre, Yves, Paul et Nicolae, nous sommes tous là sur le sommet des Amériques. Une très belle équipe, un grand cru. Une fine neige commence à tomber. Le retour à nos tentes se fera à une visibilité réduite. Demain soir, nous seront de retour à Mendoza.

Un grand merci à Dominic et Étienne Danvoye ainsi qu'à Denis Trahan pour la transmission de ces messages.

Bonne journée à tous.

16 janvier 2006, sommet de l’Aconcagua, 6962m

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Bonjour à tous, ici Jean-Pierre Danvoye. Nous sommes sur le sommet de l’Aconcagua à 6962 m, le plus haut sommet des Amériques. Nous sommes arrivés à six, il y a Paul Setalkwe, Jean-Guy Brunelle, Guy Flanagan, Nicolae Balan et moi-même… et Pierre Fortin. Les autres malheureusement ont abandonné en chemin, car vous savez, ce n’est pas facile de marcher à cette altitude. Nous sommes partis vers 4h du matin, le ciel était sans nuage, on voyait les étoiles, c’était magnifique, il n’y avait pas de vent. Une journée magnifique pour faire un sommet. La journée a été chaude, sans vent, mais arrivé à 200 m du sommet, en quelques secondes, les nuages sont apparus… visibilité à peu près 100 m. Il y a un avantage à ca, c’est que l’air est plus humide quand on est dans les nuages et c’est un peu plus facile pour respirer. Ça fait déjà une heure qu’on est au sommet. Aujourd’hui il y a beaucoup de monde, ça faisait quelques jours que la température n’était pas terrible, je crois qu’il y a bien une cinquantaine de personnes qui ont fait le sommet aujourd’hui. Maintenant puisque les nuages s’amoncellent, je crois que c’est le temps de redescendre. Je communiquerai encore un autre message sans doute demain. Alors à tous bien le bonjour et à très bientôt. Au revoir !

14 janvier, Nido de Condores (5500m)

Hier la journée a été exceptionnelle, chaud et pas de vent. Il fait beau depuis notre arrivée en Argentine. Nous nous demandons combien de temps cela va durer! La montée à partir du camp de base s’est faite en cinq heures. Nous avons monté à Nido une grande tente pour y faire la cuisine; Nicolae et moi y dormons. Nous y prenons aussi les repas (c’est tout juste pour sept).

Durant la nuit, le vent n’a pas cessé de souffler. Les rafales secouent violemment les tentes (le beau temps serait-il terminé?).

Aujourd’hui nous sommes montés jusqu’à plus de 6000 m pour parfaire notre acclimatation. Le vent souffle encore énormément avec des pointes à plus de 70 km/h. La montée reste possible mais il fait très froid.

Il est 19h. Nous venons de souper. Le vent n’est pas tombé. Demain, c’est une journée de repos. Peut-être tenterons-nous le sommet le 16 janvier.

Bonne journée,
Jean-Pierre Danvoye

12 Janvier, camp de base de l’Aconcagua, 4400 m

Aujourd’hui, c’est une journée de repos. Comme tous les matins, les rayons chauds du soleil frappent la tente. En quelques secondes, il fait 10 degrés de plus. Nous allons prendre le petit déjeuner et un bon café.

Les deux derniers jours, nous avons effectué des allers-retours à Nido de Condores (5400 m) pour y porter une tente et du matériel. La tente est arrimée au sol avec d’énormes cailloux. Ici, les vents de 100 km/h sont fréquents. La montée de cinq heures n’est pas facile. Elle demande de notre part une endurance exceptionnelle. Notre rythme est le suivant : une heure de marche suivi d’un arrêt de dix minutes et ainsi de suite. L’allure est lente mais constante. De Nido, nous surplombons déjà les sommets environnants. La vue sur les Andes est grandiose.

Hugues n’a pas supporté l’altitude et est redescendu. Déjà à Puente del Inca (2700 m), il ne dormait pas bien. La prédisposition au mal des montagnes est variable chez l’humain, de même que son aptitude à s’adapter à l’altitude.

Pierre P. et Yves redescendent demain vers Puente del Inca et Mendoza. Yves souffre aussi du mal des montagnes. Quant à Pierre P., il voulait venir voir l’Aconcagua, s’y promener; son but n’était pas nécessairement le sommet. Il a atteint 5400 m et repart satisfait. Nous sommes maintenant sept.

Notes :
- Pierre F. nous raconte comment se passe la vie à Matane. L’atmosphère est toujours détendue et les rires éclatent quand il parle.
- Au camp de base, les steaks argentins sont délicieux. Rasage, douche, Internet, ici nous jouissons d’un grand confort. Il ne manque plus qu’une buandrette.

Demain, départ pour Nido de Condores, notre camp d’altitude. C’est de là que nous tenterons le sommet. Peut-être le 15 janvier ou plus tard; cela dépendra de la température et du niveau d’acclimatement de l’équipe.

Bonne journée à tous,

Jean-Pierre Danvoye

9 janvier 2006, Plaza de Mulas, camp de base de l’Aconcagua

17h, il fait encore très chaud dans les tentes secouées par les rafales de vent. Le ciel est bleu, aucun nuage. Nous venons de faire nos sacs, car demain nous faisons un aller-retour à Nido de Condores (5300 m) pour aller y déposer matériel et nourriture. Aujourd’hui c’est une journée de repos : sieste et douches chaudes.

Avant-hier, nous avons randonné vers la face sud de l’Aconcagua. Le glacier est recouvert de cailloux et de terre couleur chocolat. La face sud est très tourmentée, glaciers suspendus, parois rocheuse, avalanches et chute de séracs. Les voies d’escalade ne sont pas évidentes.

Nous sommes arrivés hier au camp de base de Plaza de Mulas (4400 m) après 7h20 de marche. 1073 m de dénivelé avec un vent de face assez violent toute la journée. Le sentier suit le fond d’une large vallée sillonnée par de nombreux ruisseaux qu’il faut traverser en sautant. Les mules nous dépassent avec nos bagages. Cette journée n’a pas été éprouvante que pour nous, car au bord de la piste, nous croisons quelques carcasses de mules.

Soupe, poulet, riz, salade et gâteau au dulce de leche et quelques minutes plus tard, on s’endort.

Bonjour à tous,

Jean-Pierre Danvoye

6 janvier, Confluencia 3350 m

Le 4 à 19h, le reste du groupe est réuni à Mendoza. Yves, Hugues, Jean-Guy, les deux Guy, les deus Pierre, Paul et les deux guides, Nicolae et moi-même. Nous allons souper chez Francesca, une des meilleures tables de Mendoza. Nous mangeons au milieu du jardin extérieur, entourés de saules, de cyprès et de palmiers. Pour accompagner les antipasti et les viandes, deux vins de la région : un Sauvignon blanc Barrel Select de Norton 2004 et un Malbec Roble de San Filipe 2003 (Yves on a pensé à toi).

Le lendemain matin, obtention des permis et départ à 14h pour Puente del Inca, petite agglomération au pied de l’Aconcagua à 2700 m d’altitude. Le 6 Janvier, la marche d’approche débute. Premier arrêt à Confluencia 3350 m, après avoir remonté durant 2h45 la rivière Horcones. Ciel bleu 28 degrés. Nous y resterons deux nuits. Ce soir, changement de décor, fini les palmiers et le vin. Le paysage est minéral : empilements de rocs différents, et de nombreux éboulis. La végétation est rabougrie, quelques fleurs de couleur bleu et jaune fleurissent parmi les cailloux. Demain nous irons marcher vers la face sud de l’Aconcagua et nous reviendrons dormir à Confluencia.

À très bientôt,

Jean Pierre Danvoye

Mendoza, Argentine, le 3 janvier très tard dans la nuit

Il fait 25°C. Attablés sur la terrasse ombragée de chez Florencia, nous dégustons un Cabernet aux parfums de fruits rouges et de vanille avant de recevoir notre parrilla. Il est 22 heures, plus tard nous irons chez Perin pour la crème glacée.

De notre groupe de 10 personnes, 6 sont à Mendoza, les 4 autres à Toronto! Ceux-ci prenaient le vol Montréal-Toronto une heure plus tard que nous et la machine qui déglace les avions est tombée en panne!!! Résultat retard de plus de trois heures et l’avion en partance pour Santiago ne les a pas attendus.

Nous resterons un jour de plus à Mendoza pour les attendre. Ce n’est pas une punition mais une récompense. Mendoza, ville où brille le soleil 320 jours par an, produit plus de 70 % des vins argentins de qualité. Au pied des Andes, les vignobles bénéficient de conditions exceptionnelles. Et comme dans toutes les régions où l’on fabrique le vin, les gens aiment la douceur de vivre et la gastronomie. On y retrouve les meilleures empanados et les meilleurs asados du pays.

Mais que font nos amis à Toronto...

Bonne journée à tous, à très bientôt

Jean Pierre Danvoye

 

 


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