L’échappée belle, voyages d’aventure et alpinisme

Cho Oyu 8201 m, Tibet
28 août au 17 octobre 2005

 
 
Luc Gélinas
Marco St Pierre
 
 
Denis Trahan
Jean-Pierre Danvoye, guide

Tendi Sherpa et Lhakpa Nuru

Bangkok le 3 octobre, quelques minutes ou secondes avant le départ du vol UA7506 pour Tokyo.

Le retour se passe aussi vite que l’ascension... Nous voici déjà à Bangkok. Le 29 septembre nous avons fait Camp de Base Avancé à Tingri. Le lendemain 13 heures de route jusqu’à Kathmandu à l’hôtel Yak & Yeti. Changements de dates pour nos billets d’avion, repas avec nos Sherpas, derniers achats et hop! dans l’avion pour Bangkok car nous avons hâte d’être à Montréal. Nous y serons lundi à 21 heures en provenance de Chicago.

Bonjour à tous,

Jean-Pierre Danvoye

L’échappée belle

La première compagnie d’aventure au Québec à organiser et réussir un 8000 m.

28 septembre, CBA, 5600 m

Bière, chaleur et repos.

Au sommet du Cho Oyu, maintenant flotte une photo de la famille de Denis, collée sur un petit drapeau du Québec.

Le 26 septembre, à 2h30 du matin, après un petit déjeuner plus qu'instantané, nous quittons nos tentes du C3 à 7450 m, vers le sommet. Après une pente de neige à 40 degrés, le premier obstacle à franchir est une barre rocheuse: un grade IV d'environ 20 mètres en mixte. Les crampons font des étincelles sur les rochers. Même équipés d'une corde fixe, ce passage dans le noir et à 7600 m est très éprouvant.

Nous dépassons des grimpeurs partis plus tôt, c'est encourageant. Malgré une assistance respiratoire, nous montons parfois 5 à 8 mètres, soufflons une minute et repartons. Il fait environ -15 degrés, mais à cette altitude, il faut une combinaison de duvet pour ne pas avoir froid. Vers 6 heures, les premiers rayons de soleil éclairent le haut des montagnes à notre gauche et à notre droite. Nous restons dans l'ombre, car nous sommes sur une face nord-ouest.

Un parcours mixte avec des pentes raides à 45 degrés et quelques traversées nous amène à 8000 m - le chiffre magique. Nous sentons que le soleil va bientôt apparaître au dessus de nos têtes. Un ressaut convexe à franchir, et le soleil nous aveugle. Il est face à nous. C'est le début du plateau sommital. Laissant un faux sommet à gauche, nous traversons le plateau pendant 400 m et voilà le vrai sommet! L'Everest apparaît à l'horizon, il est 8h10 du matin.

Deux grimpeurs y sont déjà. La lumière est intense. Blanc et bleu. Photo souvenir, contact téléphonique. Denis, Luc, Tendi, Lakpa et JP sont sur le 6e plus haut sommet du monde!

Descente rapide au C3, puis au C2 où nous passerons la nuit. Le 27 nous continuons la descente au C1 où nous attendent Pasang le tibétain et son confrère pour nous aider à porter tout notre matériel au CBA. Marco vient à notre rencontre. Dans la grande tente des banderoles dessinées par Marco annoncent l'anniversaire de Denis. Bière, whisky, coca cola, gâteau et bougies... Les yaks arrivent ce soir. Si tout va bien nous seront à Katmandu le 30 septembre, où nous vous donnerons les dernières nouvelles.


Si vous le voulez, envoyez nous un email (faire reply à ce message). Maintenant à notre tour de vous lire.


Merci beaucoup à :
- Étienne et Dominic Danvoye pour avoir écouté, transcris et publié tous ces messages.
- Jean Tremblay pour ses conseils quand aux panneaux solaires et batteries.
- Denis pour le téléphone satellitaire.
- Darn Tough du Vermont pour les chaussettes.

À très bientôt, Jean-Pierre et toute l'équipe.

26 septembre 2005, 8h15 du matin, sommet, 8201 m

Télécharger le fichier audio (mp3)

Nous sommes le 25 septembre, il est 8h15 du matin, je suis au sommet du Cho Oyu avec Denis Trahan et Tendi Sherpa, il y a Luc qui arrive dans quelques secondes, je le vois avec Lhakpa Nuru Sherpa.

Alors non au fait on est pas le 25 on n'est le 26, le sommet du Cho Oyu c'est un grand plateau, le ciel est bleu. On apperçoit légèrement l'Everest et un peu de brume, mais c'est vraiment superbe. En plus, je dois dire qu'il fait trop chaud, j'enleverais bien ma doudoune.

Alors et bien voilà, on est tous très content. Puis on peut vous dire: on vous embrasse tous, tous ceux qui nous lisez depuis quelques semaines. Alors, bon je ne sais pas combien de temps on va rester au sommet, mais on va redescendre après bien sûr.

Sa prend deux jours pour arriver au camp 1, au camp de base avancé plutôt... et de, là je vous donnerai tous les détails de la montée qui s'est très très bien faite. Nous avons avancé très lentement, à un rythme assez régulier, pourtant il y avait des ressauts, une barrière de rochers d'une vintaine de mètres à franchir. Ça s'est très très bien passé.

Je suis un peu fâché parce que mon appareil (photo) ne fonctionne plus, mais il y a en d'autres qui en on dans le groupe. Alors je vous laisse... Chacun veut dire bonjour...

Denis dit un petit bonjour à tout le monde:
- Bonjour tout le monde, on est rendu au sommet du Cho Oyu. Super !
Tendi un petit bonjour au Québec:
- Allo Bonjour, Bonjour Québec !
Ha, ha ...
Luc un petit bonjour au Québec
- Jean-Pierre [... inaudible...]

Alors on est vraiment tous là... Je vais terminer la communication et à très bientôt, je vous rappelle du camp 2 ou encore du camp de base avancé dans 2 jours. Alors bonjour tout le monde, au revoir. Jean-Pierre Danvoye.

25 septembre, camp 3, 7468 m, 15h47

Partis ce matin vers 10h, nous sommes arrivés vers 14h30 au camp 3. C'est une montée presque toute droite, très abrupte, fatiguante, éreintante, excitante aussi.. halletante.. un peut tout ce qu'on veut.

Je suis dans la tente avec les deux Sherpas qui préparent la soupe. Luc et Denis sont silencieux. Ils doivent prendre du repos. Mais ils sont en très bonne forme. Le ciel est bleu, le vent a baissé beaucoup. Demain, normalement, nous quittons la tente dans la nuit à 3h pour le sommet. Nous n'avons même pas 10h pour récupérer!

Nous vous donnons tous le bonjour. Alors au prochain message. Ne vous affolez pas si on en envoie pas demain, parce que parfois c'est dur de téléphone. Alors bonjour à tous et à très bientôt de la part de toute l'équipe. Jean-Pierre Danvoye.

25 septembre, 9h du matin, camp 2, 7100 m

C'est parti!

Avant hier, du camp de base, nous sommes montés au camp 1. Hier nous sommes arrivés au camp 2 à 7100 m. Gros soleil. Montée abrupte, fatiguante, 10 pas, 20 secondes de repos ou plus. Le coucher du soleil fut magnifique, tous les nuages étaient plus bas que nous. Durant la nuit, beaucoup de vent avec des rafales à 50 km/h. Il y a encore beaucoup de vent ce matin. Après le petit déjeuner, nous montons à 7450 m, c'est l'endroit où nous allons installer notre camp 3 (deux tentes). Il est situé près d'une barrière rocheuse que nous devons franchir.

Il y a quelques minutes, Marco vient de me dire qu'il redescendait au CBA. Depuis quelques jours il dort mal et ne mange pas beaucoup. Je crois que c'est une bonne décision car on monte, rien ne peut s'améliorer.

Bonjour à tous, je vous donne d'Autres nouvelles si possible, car parfois c'est difficile de téléphoner. Jean-Pierre Danvoye

22 septembre, CBA

Il pleut, il neige, un temps détestable. Nous nous reposons. Hier trois grimpeurs ont atteint le sommet du Cho Oyu, les premiers de la saison. Cela commence à devenir excitant. Plusieurs équipes sont en attente au C2. Nous nous concentrons sur notre but.

D'après les photos satellite, le 25 et le 26 septembre est un crénaut météo favorable pour le sommet. Voici notre horaire prévu pour les prochains jours: demain le 23 nous remontons au C1, le 24 au C2, le 25 au C3 à 7450 m.

Nous essayons de rester le moins longtemps possible au dessus de 7000 m car l'organisme y est mis à rude épreuve et il est difficile d'y avoir une vision objective de son propre état.

Je vous tiens au courant de notre progression dans la mesure du possible.
Jean-Pierre Danvoye

21 septembre, camp 2, 7100 m

Bonjour à tous, je vous appelle du camp 2 à 7100 m où nous venons de passer la nuit. Il est 8h du matin, le soleil vient réchauffer nos tentes.

Le 19 septembre nous sommes montés au camp 1 pour y passer la nuit. En chemin, on croise toujours les mêmes personnes, les skieurs du Utah, les Français, les Espagnols. Bonjour, olà, good morning.

Le 20 septembre départ pour le camp 2 à 7100 m. Une très très dure journée. L'altitude bien sûr, mais aussi la chaleur. À midi, il faisait 30 degrés au soleil ! À 6800 m nous sommes au pied d'un immense sérac haut de 100 m qu'il faut escalader et contourner en partie. Des pentes d’au moins 50 degrés. Ensuite c'est un plateau crevassé suivi de plusieurs ressauts raides (on croit toujours que ce sont les derniers) qui nous amènent au C2. Il fait très chaud. Tout le monde fait quelques pas, se repose, et continue.

Tendi et Lakpa sont arrivés avant nous et ont monté les trois tentes. La soupe est bonne. Marco et Denis se couchent. Luc et moi enfilons un spaghetti sauce et parmesan. Un délice à 7100 m.

La neige tombe très fort. C'est le silence, il est 18h30. Tout le monde s'endort déjà. Ce matin, la neige a effacé les traces vers le camp 3. Pour certains, ce n'est pas facile de passer la nuit à 7100 m. Denis a eu mal à la tête durant la nuit, mais maintenant ça va bien. Luc a mal dormi, fatigue et manque de confort. Marco a eu des problèmes de plomberie. Pour ma part, ça va bien.

Toute l'équipe redescend au CBA, comme prévus, pour quelques jours de repos. Notre prochaine montée sera théoriquement celle pour aller au sommet. Je sais que certains ont tentés le sommet ce matin mais je n'ai pas d'autres nouvelles.

À très bientôt, Jean-Pierre Danvoye.

18 septembre, camp de base avancé, Cho Oyu

C'est la tempête de neige dehors, un peu tôt pour un 18 septembre. Nos deux Sherpas, Tendi en t-shirt et Lakpa, musique dans les oreilles, viennent de partir pour le camp 1. Demain ils iront porter deux tentes au camp 2 à 7100 m. Pour nous c'est une journée de repos. Demain nous les retrouverons au camp 1.

Avant-hier nous avons passé la nuit au camp 1 à 6400 m. La plupart des 65 tentes y sont montées le long d'une grande crevasse. D'autres sont érigées sur des rochers, exposées au vent. Les deux nôtres, sont un peu plus haut sur la crète. L'une sur la neige, l'autre sur une étroite terrasse rocheuse surplombant le précipice.

Hier nous avons fait l'ascension vers le camp 2, c'est la plus belle journée depuis le début de l'expédition. Ciel bleu, pas de vent. Toute la montagne est dégagée, il fait chaud, trop chaud. Nous avons monté sur l'arrête de neige entrecoupée de ressauts essoufflants à plus de 45 degrés. Nous faisons demi-tour à 6750 m, juste en dessous de la barrière de séracs. Derrière nous la vue sur les hauts plateaux contraste avec la lumière aveuglante de la neige. Passage par le camp 1 et retour sans histoires au CBA.

Il est midi, la conversation continue, elle va du made in China au marché Jean-Talon en passant par l'Aconcagua et la carte des vins de l'hôtel Le Quintessence à Tremblant. Bon appétit, Jean-Pierre Danvoye.

15 septembre, camp de base avancé, 5600 m

Il est 10h15, je vous appelle du CBA. Le temps ne s'améliore pas, nuages, neige, pluie et rafales de vent durant la nuit. Bonne nouvelle, nous avons établi hier le camp 1 à 6400 m.

12 septembre. Tendi et Lakpa ont monté deux tentes au camp 1 à 6400 m. Il fait beau quelques heures le matin, ensuite le ciel s'ennuage et il neige tout le reste de la journée.

13 septembre. Nous allons marcher quelques heures sur le glacier en direction du C1, parmis les pierres et les tours de glace. Le paysage est fantomatique. Les tours de glace atteignent 15 m de hauteur, nous marchons dans un labyrinthe. La tente douche est installée. Première douche depuis Katmandou !?!? Un plaisir presque sensuel, ponctué de quelques cris car il ne fait que 2 degrés.

14 septembre. Départ pour le C1, 6400 m. Nous y montons sacs de couchage, combinaison de duvet, chaussures de haute montagne, nourriture, casseroles, réchaud, etc. Nous suivons la moraine du glacier Jya Brag sur 4 kilomètres. Ensuite des pentes raides de 30-40 degrés d'éboulis instables nous emmène au C1. Il est situé sur une crête neigeuse exposée aux vents. La visibilité est de 150 m.

De retour au CBA, nous sommes tous un peu fatigué par l'altitude et le vent. 800 m de dénivelé en 3h30, c'est vite. Il neige encore, il fait environ 0 degré.

Aujourd'hui les fermetures éclair de nos tentes sont gelées, mais c'est notre Puja. C'est une cérémonie bouddhiste qui a lieu avant chaque ascension. Pendant que les drapeaux de prière sont déployés, qu'un petit feu de bruyère est allumé, le Lama récite des prières. Au pied de l'hôtel en pierre sont installés nourriture, alcool, beurre et gâteaux, ainsi que nos piolets et crampons. Depuis lors, il y a moins de nuages dans le ciel... Demain nous remontons au C1 pour y passer la nuit. Santé à vous, j'ai un bon thé au lait dans les mains.

Jean- Pierre Danvoye

11 septembre, camp de base avancé (CBA) 5600 m

À 11h15 nous sommes arrivés au CBA. Quelques nuages tournent autours du sommet du Cho Oyu, la vue sur la face nord-ouest est superbe. Le CBA est situé le long de la moraine à côté du glacier. À droite, à trois kilomètres, c'est le Nangpa La, col qui fait la frontière entre le Tibet et le Népal. Il nous serait possible - si cela était permis - de rejoindre en trois jours Nache Bazar, capitale du pays Sherpa. Nous sommes ici avec des Italiens, des Français, des Suédois, des Anglais. Cette année presque 40 équipes se sont inscrites pour l'ascension.

Les yaks arrivent à 13h avec Tendi. Nous remontons toutes les tentes sur un fond de cailloux! La neige tombe.

Nous sommes donc restés quatre jours au CB chinois à 4900m, laissant notre corps se préparer à la haute altitude. À part quelques randos, les journées se sont passées à dormir, boire, manger et écouter de la musique. Il faut à tout prix éviter la fatigue des premiers jours.

Hier, 10 septembre, lever 5h30. Les yaks arrivent et tout le matériel est transporté au camp intermédiaire à 5300 m. À cet endroit vit un couple avec une petite fille de 3 ans au pantalon fendu à l’arrière – ici pas de couches. Dans leur grande tente, on y vend du Pepsi, de la bière, des biscuits et tenez vous bien, du Red Bull. Avant le souper, deux militaires chinois, armés de mitraillettes, traversent le camp. Oui, ils sont partout !

Ici au CBA à 5600 m, l’être humain perd déjà la moitié de ses capacités physiques. Ce soir Marco et Luc n’avaient pas d’appétit, alors Denis et moi avons vidé les plats. Il est 19h30, c’est le brouillard. Et chez vous, c’est comment ?

Jean-Pierre Danvoye, pour l’équipe.

7 Septembre, camp de base chinois, 4900 m

Le ciel est bleu, aucun nuage. Il est 15h, heure népalaise, je téléphone de notre grande tente, il y fait à l'intérieur plus de 30 degrés.

Revenons un peu en arrière. Hier matin, départ de Tingri pour le camp de base chinois. Mois d'une heure de Land Cruiser. Après quelques kilomètres de Tingri, c'est la première vue du Cho Oyu. Très impressionnant, quelques instants de silence, le rythme cardiaque s’accélèrent. C'est haut 8201 m !

Le camp de base chinois est situé le long de l'ancienne route de commerce entre le Tibet et le Népal, au pied du col de Nangpa. Le déchargement du camion, le montage des tentes, du grand dôme Mountain Hardwear et de la tente cuisine se fait très rapidement. Le soleil apparait. Le thé est servit. Chacun s'installe pour quatre nuits. Nous nous sentons maintenant comme chez nous.

Le souper de Pasang est excellent. Comme nous aimons les frites, il nous en sert comme entrée. Ensuite spaghetti, sauce tomate et fromage. Dessert, des tranches d'ananas. Et café.

Petite anectdote, un américain voyageant seul, nous voyant manger des frites, nous en piqua trois, les emballa furieusement dans un ziploc, pour les montrer à son cook, afin qu'il lui en fasse. Les French Fries ont encore malgré tout la cote aux U.S.A.

Voici notre équipe au grand complet: Tendi Sherpa, Lakpa Sherpa, Pasang Sherpa le cuisinier, un autre Pasans, l'assistant cuisinier Tibétain. Les grimpeurs Denis Trahan, Marco Saint-Pierre, Luc Gélinas et moi-même, le guide.

Ce matin, le 7 Septembre, nous sommes montés sur les collines avoisinant le camp de base à un peu plus de 5200 m. La vue sur la face nord-ouest du Cho Oyu est excellente. Seules quelques petites plantes et bonsaï rabougris survivent.

Nous resterons encore trois nuits ici, ensuite nous remonterons durant deux jours le glacier Jyabrag pour arriver au camp de base avancé.

Marco attend la tarte aux pacanes de France, Denis veut revoir sa petite famille radieuse, Luc n'est pas là, il est encore parti se promener. JP a regardé les dessins de Laurence et les emporte en haut.

Bonne journée à tous. Jean Pierre Danvoye

5 septembre, Tingri (4200 m)

Tashi Delek. Hier main à 5h45, nous avons quitté notre hôtel, Poussières d'Étoile, en direction de Tingri. Déjà, dans la rue, des haut-parleurs diffusent avec force de la musique chinoise et des champs du style "Marchons ensemble vers l'avenir". Le Tibet est-il en Chine, ou la Chine est-elle au Tibet !

La route est bonne, nous filons vers Tingri. Dans les champs irrigués, le blé est récolté à la main. Entourées de hauts murs, les maisons tibétaines ressemblent à de petites forteresses. Les rares morceaux de bois sont entreposés sur les toits et les galettes de bouse de yak fraîches, collées sur les murs.

Le nom des villages est annoncé sur de nouveaux panneaux en caractères chinois.

12h, dîner à Tingri. 13h, dans la rue, deux jeunes officiels chinois en uniforme de couleur verte, achètent foie, intestins et panse de mouton. Une jeune fille étonnée me tire le poil des avant-bras en souriant. Des ouvriers font des blocs de ciment avec une machine infernale. 14h, 30 degrés au soleil. Nous prenons de l'eau dans le puit de l'hôtel et nous nous lavons les cheveux et les pieds. 15h, il grêle et tonne. J'écoute Manu Chao, Lhasa de Sela et Bonobo.

Aujourd'hui, la journée se passe à ne rien faire, nous nous acclimatons à la haute altitude. 11h, onze Français arrivent à l'hôtel et un américain malade redescend du camp de base. Demain départ pour le camp de base Chinois à 4900 m. Nous y resterons 3 jours. Terminé pour nos jeeps et le camion.

L'équipe va bien, bonne journée à vous.
Jean-Pierre Danvoye

7 Septembre, camp de base chinois, 4900 m

Le ciel est bleu, aucun nuage. Il est 15h, heure népalaise, je téléphone de notre grande tente, il y fait à l'intérieur plus de 30 degrés.

Revenons un peu en arrière. Hier matin, départ de Tingri pour le camp de base chinois. Mois d'une heure de Land Cruiser. Après quelques kilomètres de Tingri, c'est la première vue du Cho Oyu. Très impressionnant, quelques instants de silence, le rythme cardiaque s’accélèrent. C'est haut 8201 m !

Le camp de base chinois est situé le long de l'ancienne route de commerce entre le Tibet et le Népal, au pied du col de Nangpa. Le déchargement du camion, le montage des tentes, du grand dôme Mountain Hardwear et de la tente cuisine se fait très rapidement. Le soleil apparait. Le thé est servit. Chacun s'installe pour quatre nuits. Nous nous sentons maintenant comme chez nous.

Le souper de Pasang est excellent. Comme nous aimons les frites, il nous en sert comme entrée. Ensuite spaghetti, sauce tomate et fromage. Dessert, des tranches d'ananas. Et café.

Petite anectdote, un américain voyageant seul, nous voyant manger des frites, nous en piqua trois, les emballa furieusement dans un ziploc, pour les montrer à son cook, afin qu'il lui en fasse. Les French Fries ont encore malgré tout la cote aux U.S.A.

Voici notre équipe au grand complet: Tendi Sherpa, Lakpa Sherpa, Pasang Sherpa le cuisinier, un autre Pasans, l'assistant cuisinier Tibétain. Les grimpeurs Denis Trahan, Marco Saint-Pierre, Luc Gélinas et moi-même, le guide.

Ce matin, le 7 Septembre, nous sommes montés sur les collines avoisinant le camp de base à un peu plus de 5200 m. La vue sur la face nord-ouest du Cho Oyu est excellente. Seules quelques petites plantes et bonsaï rabougris survivent.

Nous resterons encore trois nuits ici, ensuite nous remonterons durant deux jours le glacier Jyabrag pour arriver au camp de base avancé.

Marco attend la tarte aux pacanes de France, Denis veut revoir sa petite famille radieuse, Luc n'est pas là, il est encore parti se promener. JP a regardé les dessins de Laurence et les emporte en haut.

Bonne journée à tous. Jean Pierre Danvoye

5 septembre, Tingri (4200 m)

Tashi Delek. Hier main à 5h45, nous avons quitté notre hôtel, Poussières d'Étoile, en direction de Tingri. Déjà, dans la rue, des haut-parleurs diffusent avec force de la musique chinoise et des champs du style "Marchons ensemble vers l'avenir". Le Tibet est-il en Chine, ou la Chine est-elle au Tibet !

La route est bonne, nous filons vers Tingri. Dans les champs irrigués, le blé est récolté à la main. Entourées de hauts murs, les maisons tibétaines ressemblent à de petites forteresses. Les rares morceaux de bois sont entreposés sur les toits et les galettes de bouse de yak fraîches, collées sur les murs.

Le nom des villages est annoncé sur de nouveaux panneaux en caractères chinois.

12h, dîner à Tingri. 13h, dans la rue, deux jeunes officiels chinois en uniforme de couleur verte, achètent foie, intestins et panse de mouton. Une jeune fille étonnée me tire le poil des avant-bras en souriant. Des ouvriers font des blocs de ciment avec une machine infernale. 14h, 30 degrés au soleil. Nous prenons de l'eau dans le puit de l'hôtel et nous nous lavons les cheveux et les pieds. 15h, il grêle et tonne. J'écoute Manu Chao, Lhasa de Sela et Bonobo.

Aujourd'hui, la journée se passe à ne rien faire, nous nous acclimatons à la haute altitude. 11h, onze Français arrivent à l'hôtel et un américain malade redescend du camp de base. Demain départ pour le camp de base Chinois à 4900 m. Nous y resterons 3 jours. Terminé pour nos jeeps et le camion.

L'équipe va bien, bonne journée à vous.
Jean-Pierre Danvoye

3 septembre, Nyalam (3650 m) Tibet

Tashi Delek (bonjour en tibétain)

Hier matin nous avons quitté Zanghmu, la ville frontière au climat subtropical et humide. Trente trois kilomètres et deux heures de route plus tard, nous voici à Nyalam (3650 m). Ici, il n y a plus d’arbres, nous sommes au début du Haut Plateau tibétain.

Notre hôtel, le Snowland, n’a pas encore réussi à arracher une poussière d’étoile au guide Michelin!

Par la fenêtre de la chambre du Snowland, nous apercevons de l’autre côté de la rue – la seule de Nyalam - le bureau du médecin chinois. Des bouquets de plantes médicinales sont suspendus, quelques dizaines de boites de médicaments ornent les étagères poussiéreuses, à l’arrière deux étroits lits de bois.

Vêtu d’un tablier blanc, assis derrière son antique bureau, notre médecin regarde la TV toute la journée. À l’heure des repas, une jeune fille lui apporte soupe, riz et baguettes. Depuis deux jours, nous n’avons encore aperçu aucun patient venu le consulter...

Ce matin, petite marche d’agrément jusqu’à 4500 m. Nuages et vents violents.

Il est 15 heures, Marco dort, Denis recharge le téléphone satellitaire et Luc va lire ses messages Internet.

Demain, nous partons pour Tingri. Deux cent kilomètres, un col à 4950 m, une longue journée.

Jean-Pierre Danvoye pour L’échappée belle Cho Oyu 2005

1er septembre

Aujourd'hui c'est le départ de Kathmandu vers la frontière chinoise. La route sinueuse remonte la vallée de la Bote Kosi. De nombreux éboulis et glissements de terrain rendent le parcours difficile. Il y a aussi veaux, vaches, cochons, canards qui se reposent au milieu de la route. Les barrages de police sont fréquents.

10h50, arrivée à Kodari. Des dizaines d'hommes et de femmes se pressent et se poussent autours du bus pour avoir la chance de porter un de nos soixante colis, qui seront transportés de l'autre côté du pont, en territoire chinois. Au milieu du pont que nous traversons à pied, un chinois vaporise discrètement avec de l'eau de javel !!!

Rencontre avec Tashi, le guide chinois.

Kathmandu, 31 août

Bonjour, c'est Jean-Pierre Danvoye à Kathmandu où nous sommes arrivés hier après une courte nuit à Bangkok. Pour Luc, c'est sa première visite à Kathmandu, ville à la fois médiévale et occidentalisée. Klaxons, vaches, encens, monoxyde de carbone, vendeurs ambulant, un vrai musée très animé!

Il fait très chaud 36C, l'eau de la piscine de l'hôtel est rafraîchissante. Ce matin, Tendi - le sherpa qui travaille avec L'échappée belle depuis maintenant 10 ans - et Lhakpa sont venus nous rencontrer. Ils nous accompagnerons durant toute l'expédition. À eux deux, ils ont fait 7 fois l'Everest!

Denis, Marco et Luc viennent de partir découvrir les classiques de Kathmandu: la stupa de Bodhnath, Swayambunath et le Durbar Square. Cet après midi, les derniers préparatifs: Tendi et Lhapka vérifient et emballent le matériel, nourriture, tentes etc.

Demain, nous partons à 6h30 en direction de la frontière tibétaine et les hauts lieux himalayens. Ce soir, ce seront les derniers excès gastronomiques à l'hôtel Yak & Yeti avant notre retour...

À très bientôt

 

 


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